Bref regard sur la situation politique

Politique intérieure :

L’appellation officielle de la Corée du Sud est la République de corée, par opposition à son voisin et frère de sang la Corée du Nord qui se fait appeler République Populaire et Démocratique de Corée.

La Corée du Sud est une république avec un régime de type présidentiel, son président est élu au suffrage universel direct pour un mandat de 5ans et n’est pas rééligible, il est le commandant en chef de l’armée et nomme le Conseil d’état, il est assisté par un Premier ministre qu’il nomme et qui n’est pas forcément membre du parlement.

Le Parlement est monocaméral, aussi il est appelé Assemblée nationale, celle-ci se compose de 273 députés élus pour quatre ans au suffrage universel direct selon un système proportionnel de vote entre les parties.

La Corée du Sud a un système multipartiste, mais les partis ont peu de chances de remporter le pouvoir à eux seuls. Les principaux partis du pays sont les suivants :

  • GNP (Grand parti national), parti conservateur qui a remporté l’élection présidentielle en déc. 2007. Il est fort dans la région de Gyeongsang ;
  • Nouveau parti démocratique unifié (UNDP) : parti libéral particulièrement représenté dans la région Jeolla.
  • DLP (Parti travailliste démocratique) : parti démocratique socialiste soutenu par les fermiers, les travailleurs industriels et les intellectuels progressifs ;
  • l‘Union des libéraux démocrates (ULD) de Kim Jong-Pil qui a 15 représentants.
  • le Millenium Democratic Party (MDP), parti de centre gauche des presidents Kim Dae-Jung et Roh Moo-hyun, à l’origine de la destitution de ce dernier.
  • Party (DPP) qui a 2 représentants.
  • le parti Uri (« Notre parti »), parti de centre gauche crée fin 2003 de dissidents du PDM et soutenant Roh Moo-Hyun.

M. Lee Myung-bak, élu le 19 décembre 2007,  a été choisi pour succéder au président Roh Moo-hyun. Sa nette victoire (48,7% des voix contre 26,1% à son concurrent, M. Chung Dong-young) a marqué la volonté de la population d’une alternance politique.

 M. Lee, issu du GNP (Grand National Party) est un conservateur d’inspiration libérale. Issu du monde de l’entreprise, il est favorable aux investissements et à la libre entreprise. Il s’est engagé dans une « croissance verte » plus respectueuse de l’environnement et tournée vers les hautes technologies.

Si les élections législatives d’avril 2008 avaient donnée lieu à un taux de participation historiquement bas (46%) et confirmé la défaite du Parti Démocrate (PD), principal parti centre gauche et des divisions croissantes au sein du Grand National Party (GNP),  les élections législatives d’avril 2009 marquèrent une forte préférence de la population sud-coréenne pour des candidats locales et indépendants au détriment des candidats officiels.

De plus, le suicide le 23 mai 2009 de l’ancien président Roh Moo-hyung  a provoqué une vive émotion au sein du peuple coréen et accentué les dissensions entre majorité et opposition sur un mode polémique.

Quant au Président Lee Myung-bak,  les élections législatives partielles d’octobre 2009 n’ont fait que confirmer que sa popularité ne cessait de décroître, cependant une politique rapide de lutte contre la crise  centré sur ses conséquences et ses possibles solutions ont contribué à un regain de sa popularité.

On attend ainsi les prochaines élections locales du 2 juin 2010 dont l’enjeu reste de taille puisqu’il concernera le renouvellement des gouverneurs des 9 provinces sud-coréennes et des maires des 7 grandes agglomérations.

Politique extérieure :

La politique étrangère de Séoul demeure profondément marquée par la question de la péninsule coréenne et la gestion de la crise nucléaire nord-coréenne.

« La politique de Paix et de Prospérité » lancée par le Président Kim Dae-Jung (1998-2003) et poursuivie par le président Roh Moo-huyn (2003-2008) avit pour objectif d’instaurer un climat de confiance entre les deux Corée et favoriser le développement et l’ouverture de la Corée du Nord sans pour autant mené à l’effondrement économique de celle-ci.

Ce dialogue intercoréen a eu des réalisations concrètes comme :

  • La réunion de familles divisées
  • La mise en place du complexe trouristique du Mont Kumgang
  • La zone industrielle de Kaesong
  • Aides financières notables
  • Renouvellement des négociations à quatre (Corée du Nord, Corée du Sud, Chine, Etats Unis)
  • Sommet bilatéraux

Cependant, l’arrivée du Président Lee Myung-bak, qui prévoyaient une attitude plus marquée et rigoureuse envers la Corée du Nord notamment sur les questions des droit de l’Homme et du dossier nucléaire, a quelque peu refroidit les relations entre les deux « Frères Ennemis » et les incidents se sont multipliés :

  • Mort d’une touriste sud-coréenne sur le site touristique du Mont Kumang en juillet 2008
  • Suspension des activités du site Kaesong en décembre 2008 et limitation du nombre de ressortissants sud-coréens travaillant sur le site Kaesong
  • Suspension de la ligne ferroviaire intercoréenne en décembre 2008
  • Menaces contre l’espace sud-coréen en mars 2009

La Corée du Sud est évidemment très engagée dans le processus de règlement du dossier nucléaire nord-coréen, le Conseil de sécurité avait adopté le 14 octobre 2006 la résolution 1718 condamnant l’essai nucléaire nord-coréen, si des accords (dans le cadre des discussions à 6 : Chine, les deux Corée, Etats Unis, Japon et Russie) avaient été mis en place en février et octobre 2007 mettant en place un calendrier progressif d’abandon des programmes nucléaires, ce dernier ne fut pas respecté et un tir d’un engin qualifié de spatial par Pyongyang le 5 avril 2009, marqua la fin des Pourparlers à Six quelques jours plus tard. La RPDC a aussi exigé le départ des inspecteurs de l’AIEA et annoncé la reprise de ses activités sur le site de Yongbyon.

Après un deuxième essai  nucléaire en mai 2009, la résolution 1874 a prévu un embargo quasi-total sur les armes et une inspection des cargaisons des navires et aéronefs en provenance et à destination de la RPDC, des sanctions et restrictions financières ont aussi été annoncés.

Depuis son entrée à l’ONU en 1991, la Corée du Sud s’affirme sur la scène internationale. Elle souhaite jouer un rôle stabilisateur en Asie du Nord-est.

Le nouveau président Lee Myung-bak a réorienté la diplomatie coréenne en vue de renforcer les liens unissant la Corée aux Etats-Unis, mais également avec les pays voisins : Chine, Japon et Russie.

D’autre part , la Corée affiche certaines ambitions :

  • sécuriser les sources d’approvisionnement énergétique avec sa « diplomatie des ressources » (accord pétrolier avec le Kurdistan irakien, gazier avec l’Ouzbékistan, coopération avec le Tadjikistan et la Mongolie)
  • envisager d’ouvrir des ambassades en Afrique, en Asie Central et au Moyen-Orient
  • établir un nouveau cadre législatif permettant à l’armée coréenne de consolider sa présence dans les opérations de maintien de la pais sous mandat de l’ONU
  • accroitre son aide au développement
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